Le şer (le mal) vient-il d’Allah ?
Ce que l’on tente de critiquer à ce sujet, ce sont deux versets de la sourate An-Nisa. Regardons d’abord ces versets :
Où que vous soyez, la mort vous trouve ; même si vous êtes dans des châteaux fortifiés sur des lieux élevés. Si un bien les touche, ils disent : « Cela vient d’Allah » ; si un mal les touche, ils disent : « Cela vient de toi ». Dis : « Tout vient d’Allah. » Mais qu’ont donc ces gens, qui ne cherchent à comprendre aucune parole ? Tout ce qui te vient de bien vient d’Allah, et ce qui te vient de mal vient de toi-même. Nous t’avons envoyé aux gens comme messager ; Allah suffit comme témoin. (4 Sourate An-Nisa, 78-79)
Alors qu’au verset 78, il est dit « tout vient de la part d’Allah », au verset 79, il est annoncé que les maux viennent de soi-même. Alors que le sens semble le même dans ces deux traductions du sens, il y a un mot qui figure de manière différente dans l’arabe original. Au verset 78, lorsqu’il est dit « tout vient d’Allah », figure ici le mot arabe indi (de la part de). Mais au verset 79, dont nous avons donné la traduction du sens ci-dessus, ce mot ne figure pas. Ce mot fait apparaître une différence de sens importante. Toute chose est de la part d’Allah (indi Allah –indillah-). Quand nous mettons à la place de ces versets les mots dont les traductions du sens sont correctes, on verra que la contradiction qui semble exister disparaît.
Toute chose, en fin de compte, se fait par la volonté et le décret d’Allah. Quant aux maux qui arrivent aux gens, ils sont le résultat de ce qu’ils ont acquis de leurs propres mains. Par exemple, si une personne met sa main dans le feu, sa main brûle. Que sa main brûle découle des lois créées par Allah. Mais celui qui brûle sa main, c’est celui qui y met sa main. La responsabilité vient de la personne qui y met sa main ; mais celui qui brûle sa main, c’est Allah, qui a créé ces lois de la nature.