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Le Coran ouvre la voie à la science: Les savants musulmans

Sommaire
  1. Introduction
  2. Le dessein intelligent, c'est-à-dire la création
  3. La religion stimule la science
  4. La religion assure la bonne orientation de la science
  5. La religion et la science sont toujours en accord
  6. Les miracles scientifiques du Coran
  7. Les scientifiques croyants
  8. Les scientifiques croyants du passé
  9. Autres scientifiques croyants du passé
  10. Les scientifiques croyants de notre époque
  11. Les savants musulmans
  12. Autres scientifiques croyants de notre époque
  13. Conclusion
  14. Notes

Lorsque l'on considère l'histoire des sciences, on constate que la grande majorité des scientifiques qui ont fait des découvertes et apporté de grandes contributions au développement de la science avaient une foi solide en Dieu. Et c'est dans l'histoire de l'islam que l'on peut rencontrer les exemples les plus frappants de la manière dont la foi en Dieu a été à l'origine du développement de la science. Les savants musulmans, qui ont grandi dans la morale de l'islam et qui ont bâti toute leur vie et toute leur activité scientifique sur les versets du Coran, ont rendu de très grands services à la haute civilisation que nous connaissons aujourd'hui.

Avec la diffusion de la morale de l'islam, la grande majorité des savants musulmans ont fait des découvertes qui constituent les fondements de la science moderne. En effet, lorsque nous considérons l'histoire de l'islam, nous voyons qu'avec la morale du Coran, la science est elle aussi entrée dans la géographie du Moyen-Orient.

Les savants musulmans ont d'abord pris pour base les innovations scientifiques et technologiques observées dans d'autres États, Rome à l'ouest et, à l'est, la Chine en premier lieu, et ont traduit des sources importantes. De cet ensemble d'informations, ils ont retiré ce qui était erroné et incohérent du point de vue de la foi et du point de vue technique, et l'ont rendu utile pour eux-mêmes. Après ces travaux, ils ont commencé à servir la science et la technologie en évaluant et en commentant les connaissances qu'ils avaient acquises.

Au cours de la période qui a commencé au VIIIe siècle et s'est poursuivie jusqu'au XVe siècle, les savants musulmans ont obtenu des résultats importants dans de nombreux domaines comme les sciences exactes, la médecine, l'astronomie, les mathématiques et la chimie, et se sont fait connaître en peu de temps au monde dans le domaine de la civilisation. À cette époque, appelée « l'âge d'or de l'islam » et « la Renaissance islamique », les savants musulmans ont apporté par leurs découvertes leur contribution au développement de la science dans de nombreux domaines et ont ainsi montré la voie aux savants qui sont venus après eux. Howard R. Turner a dit au sujet de cette époque dans son livre intitulé « Science in Medieval Islam » (La science dans l'islam médiéval) :

« Artisans et savants musulmans, princes et travailleurs avaient bâti ensemble une civilisation sans égale qui a influencé, directement et indirectement, les sociétés de tous les continents ».175

La « Bayt al-Hikma » (Maison de la sagesse) et l'influence des savants musulmans sur l'histoire mondiale

À la suite des conquêtes qu'ils avaient réalisées aux VIIe et VIIIe siècles, les musulmans avaient bâti un grand empire sans équivalent jusqu'alors dans le monde. Au VIIIe siècle, le calife abbasside transféra la capitale de l'empire de Damas à Bagdad et fonda la « Bayt al-Hikma », connue dans le monde occidental sous le nom de « Maison de la sagesse ». Grâce aux activités des savants musulmans, la « Bayt al-Hikma » était devenue un centre scientifique sans égal au niveau mondial dans des domaines comme la science, la philosophie, la médecine et l'enseignement. De nombreux ouvrages scientifiques appartenant aux civilisations de la Rome antique, de la Chine, de l'Inde, de l'Irak, de l'Égypte, de l'Afrique du Nord, de la Grèce et de Byzance furent traduits en arabe à la « Bayt al-Hikma », et les savants musulmans, en perfectionnant les connaissances contenues dans ces ouvrages, devinrent les fondateurs et les praticiens de nombreuses disciplines scientifiques d'aujourd'hui. Dans l'histoire des sciences, ces siècles sont connus sous le nom de « science arabe », car pendant toute cette période l'arabe fut considéré, au niveau mondial, comme la langue maternelle de la science. En outre, les travaux menés dans le domaine des sciences et des arts par les savants musulmans dans l'État omeyyade d'al-Andalus, fondé en 756 dans le sud de l'Espagne, ont eux aussi apporté d'importantes contributions à l'histoire mondiale des sciences et des arts.

La Bayt al-Hikma est devenue un centre scientifique international grâce aux activités des savants musulmans.
La Bayt al-Hikma est devenue un centre scientifique international grâce aux activités des savants musulmans.

Robert Briffault a écrit à ce sujet dans son livre intitulé « The Making of Humanity » (La formation de l'humanité) :

« La dette de la science de notre époque envers la science arabe ne consiste pas en des découvertes stupéfiantes ou en des théories révolutionnaires : la science doit bien davantage à la civilisation arabe, elle lui doit son existence même. Dans l'Antiquité, le monde, tel que nous le voyons, se trouvait dans un état préscientifique. L'astronomie et les mathématiques des Grecs étaient des disciplines importées qui ne se sont jamais pleinement acclimatées à la culture grecque. Les Grecs avaient systématisé, généralisé et théorisé, mais des notions comme les voies patientes de la recherche, la collecte d'informations exactes, les relevés de méthodes scientifiques, les observations minutieuses et prolongées et l'investigation expérimentale étaient entièrement étrangères aux Grecs. (...) C'est comme conséquence d'un nouvel esprit d'investigation, de nouvelles méthodes de recherche, des méthodes d'expérimentation, d'observation et de mesure, et du perfectionnement des mathématiques sous une forme inconnue des Grecs, qu'est apparu en Europe ce que nous appelons la science. Cet esprit et ces méthodes ont été apportés au monde occidental par les Arabes ».176

Dans une autre partie de ce même livre, Briffault a exprimé ainsi la contribution de la civilisation islamique à l'Europe :

« La science est la contribution la plus importante de la civilisation arabe au monde moderne, mais ses fruits ont mûri un peu lentement. Après que la civilisation maure eut sombré dans les ténèbres, le géant qu'elle avait engendré ne tarda pas à se relever de toute sa force. Ce n'est pas la science qui a ramené l'Europe à la vie. C'est la lumière apportée par la civilisation islamique qui a de nouveau éclairé la vie des Européens ».177

George Sarton, considéré comme l'un des fondateurs de l'histoire des sciences, a exprimé quant à lui les services rendus par les musulmans à l'histoire des sciences en ces termes : « La réussite la plus fondamentale du Moyen Âge est l'apparition de l'esprit expérimental, et cela s'est fait en réalité, jusqu'au XIIe siècle, grâce aux musulmans ».178 Oliver Joseph Lodge a écrit dans son ouvrage intitulé « Pioneers of Science » (Les pionniers de la science), au sujet des rôles vitaux que les Arabes ont assumés dans l'histoire des sciences après la diffusion de l'islam :

« Le seul lien efficace entre la science ancienne et la science nouvelle a été établi par les Arabes. Les âges sombres apparaissent comme un vide absolu dans l'histoire des sciences de l'Europe, et pendant plus de mille ans il n'y a eu, nulle part ailleurs qu'en Arabie, de savant très important ».179

Voici quelques-uns des savants musulmans qui, se tournant vers la science à la lumière du Coran, ont obtenu des succès qui sont parvenus jusqu'à notre époque :

Jabir ibn Hayyan (721-805)

Jabir ibn Hayyan, appelé « Geber » dans le monde scientifique occidental et l'un des savants musulmans les plus connus, est reconnu par tous dans le monde scientifique occidental comme « le père et le fondateur de la chimie ».180 En effet, le mot « alchemy », équivalent anglais du mot chimie, est lui aussi issu du mot arabe « al-kimiya », à la suite des travaux de Jabir ibn Hayyan.

Jabir ibn Hayyan, connu comme le père de la chimie.
Jabir ibn Hayyan, connu comme le père de la chimie.

Jabir ibn Hayyan est le premier savant à avoir affirmé, 1 000 ans avant la fabrication de la bombe atomique, que l'atome pouvait être divisé et qu'il en résulterait une grande puissance. Voici les paroles de Jabir ibn Hayyan à ce sujet :

« Dans la plus petite partie de la matière, le “juz' la yatajazza'” (l'atome), il y a beaucoup d'énergie. On ne peut pas dire, comme le prétendent les savants grecs, qu'il ne peut pas être divisé. Il peut lui aussi être divisé. Et lorsqu'il est divisé, il se dégage une puissance (une énergie) telle qu'elle pourrait mettre Bagdad sens dessus dessous. C'est là un signe de la puissance de Dieu le Très-Haut. »181

Jabir ibn Hayyan a aidé la chimie à réaliser de grands progrès, tant sur le plan théorique que sur le plan pratique. Il est entré dans l'histoire comme le savant qui a fondé le premier laboratoire de chimie au monde. Il a expliqué la synthèse de substances chimiques importantes, a identifié de nombreuses substances chimiques et leur a donné les noms arabes encore utilisés aujourd'hui.182 En fabriquant des instruments de mesure sensibles utilisés en chimie, il a introduit en chimie des méthodes comme la cristallisation, la distillation, la calcination et la sublimation.183 Outre de nombreux acides comme l'acide sulfurique et l'acide nitrique, il a aussi découvert le carbonate de sodium et le potassium.184 Il a fait de nombreuses découvertes dans des domaines comme la fabrication d'un papier qui ne brûle pas dans le feu, la mise en état d'utilisation de différents métaux, le perfectionnement de l'acier, le vernissage des tissus imperméables, la dorure pour empêcher la rouille, ainsi que l'obtention de teintures et d'huiles.185 Jabir ibn Hayyan a exercé non seulement en chimie, mais aussi dans des domaines scientifiques comme la médecine, l'astronomie, la logique, la philosophie, la physique et la mécanique, et il a écrit des ouvrages sur ces sujets. On sait que Jabir ibn Hayyan a rédigé environ 200 à 500 ouvrages dans des domaines scientifiques comme la chimie en premier lieu, la médecine, la physique, l'astronomie et la philosophie. Mais beaucoup de ces ouvrages se sont perdus par la suite ; seuls 27 d'entre eux ont été imprimés en latin et en allemand à Nuremberg, Francfort et Strasbourg entre 1473 et 1710.

Al-Khwarizmi (780-850)

Abu Abdullah Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi, l'un des plus grands savants de son époque, est un mathématicien, astronome et géographe qui a laissé des traces profondes dans le monde scientifique occidental. Al-Khwarizmi a passé une grande partie de sa vie à la « Bayt al-Hikma » de Bagdad. Il a été le savant musulman fondateur de l'algèbre et de la science de l'algorithme, et celui qui a donné leur nom à ces sciences.186 Comme le nom d'al-Khwarizmi était prononcé en latin « Alkhorismi » en Europe, la méthode qu'il a trouvée a reçu le nom d'« algorithme ».187 Al-Khwarizmi est l'auteur du premier ouvrage dans le domaine de l'algèbre, « Kitab al-Mukhtasar fi Hisab al-Jabr wa'l-Muqabala » (« Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison »). L'ouvrage commence par cette phrase :

« Alkhorismi dit : louange et gloire à Dieu, notre Seigneur et notre protecteur ». Al-Khwarizmi est le premier dans le monde scientifique de l'Orient à avoir écrit un ouvrage consacré à l'algèbre. Ce domaine scientifique avait été très peu travaillé auparavant et l'on avait commencé à le considérer comme une science distincte de la géométrie. La résolution des équations du premier degré était devenue possible, mais la racine des équations du second degré restait encore incomprise. Al-Khwarizmi est le premier à avoir montré de façon systématique, avec son deuxième livre « al-Jabr wa'l-Muqabala », la méthode de résolution des équations du second degré. Al-Khwarizmi a expliqué les méthodes exposées dans son ouvrage avec un talent de pédagogue et a démontré ces règles par la géométrie.

Abu Abdullah Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi, qui a laissé des traces profondes dans le monde scientifique occidental par ses travaux dans des domaines scientifiques comme l'astronomie, les mathématiques et la géographie.
Abu Abdullah Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi, qui a laissé des traces profondes dans le monde scientifique occidental par ses travaux dans des domaines scientifiques comme l'astronomie, les mathématiques et la géographie.

Dans ce livre, dont l'original est conservé à l'université d'Oxford, il a exposé pour la première fois au monde le système décimal et a montré en outre, pour la première fois, les manières de résoudre un problème par la mise en équation. De plus, de nombreux termes nouveaux, inconnus auparavant, ont été utilisés dans ce livre : la racine carrée, l'impair, le nombre impair, etc.188 Cet ouvrage d'al-Khwarizmi a marqué le début d'un progrès très important du point de vue de l'histoire des mathématiques et a été considéré pendant plus de 600 ans comme la base de l'enseignement des mathématiques. Des savants comme Roger Bacon et Fibonacci ont étudié son ouvrage avec admiration et en ont tiré profit dans leurs propres cours. Jusqu'à la fin des années 1500 (1598-1599), la seule source en algèbre a été cet ouvrage d'al-Khwarizmi.

Al-Khwarizmi, qui a travaillé dans différents observatoires en plus des mathématiques, a aussi écrit des ouvrages d'astronomie et de géographie. Il a écrit des ouvrages sur les cadrans solaires et les horloges.189 Al-Khwarizmi a aussi mesuré la longueur d'un degré de méridien du globe terrestre.

Thabit ibn Qurra (821-901)

Thabit ibn Qurra est l'un des savants musulmans spécialistes des mathématiques, de l'astronomie et de la médecine. Il a été à l'origine, à son époque, de très grands progrès dans tous ces domaines, et a signé des innovations notamment en géométrie et en algèbre.190 Georges Rivoire, l'un des savants qui étudient les civilisations orientales, a exposé les contributions de Thabit ibn Qurra à la géométrie en ces termes : « Nous devons aux musulmans l'application de l'algèbre à la géométrie. Et c'est l'œuvre de Thabit ibn Qurra, mort en 900 ».

Ce manuscrit, conservé dans les archives de l'observatoire de Kandilli, éclaire les activités des savants musulmans dans le domaine de l'astrologie.
Ce manuscrit, conservé dans les archives de l'observatoire de Kandilli, éclaire les activités des savants musulmans dans le domaine de l'astrologie.
Les savants musulmans ont signé des travaux remarquables dans de nombreux domaines.
Les savants musulmans ont signé des travaux remarquables dans de nombreux domaines.

On sait que Thabit ibn Qurra, qui s'intéressait aux mathématiques, à l'astronomie, à l'astrologie, à la médecine et à la traduction, est l'auteur de 79 ouvrages. Parmi ceux-ci, 21 portent sur la médecine, 2 sur la musique, et les 25 autres sur les mathématiques et la philosophie.

Thabit ibn Qurra a découvert le théorème des sinus et l'a appliqué à l'astronomie. Il a en outre donné une démonstration générale du théorème de Pythagore.191 C'est le savant musulman qui, en considérant la circonférence de la Terre comme divisée en 360 méridiens, a calculé la longueur de l'équateur et a trouvé en conséquence le rayon de la Terre.192 Thabit ibn Qurra, en utilisant les connaissances d'Euclide, a commencé à montrer la résolution de formules plus générales en algèbre. Carl B. Boyer a dit au sujet de ce mathématicien habile dans son livre « A History of Mathematics » (Une histoire des mathématiques) :

« Le IXe siècle de notre ère a été l'âge d'or des mathématiciens musulmans. La première moitié du siècle a été marquée du sceau d'al-Khwarizmi, la seconde de celui de Thabit ibn Qurra. Al-Khwarizmi et Euclide se ressemblent en tant que “fondateurs”. Thabit ibn Qurra, lui, est, comme Pappus, un commentateur de hautes mathématiques.. »193

Al-Farghani (IXe siècle)

C'est un grand savant en astronomie et en mathématiques, qui a vécu au IXe siècle et qui a découvert l'obliquité de l'écliptique et le fait que le Soleil se déplace lui aussi. Al-Farghani, originaire de la région de Ferghana au Turkestan, a mené des recherches fondées sur l'expérience dans les domaines de l'astronomie, des mathématiques, de la géographie et de la mécanique.194 Il a étudié les mouvements des corps célestes et a mené des recherches. Il a écrit des commentaires qui ont eu un grand retentissement sur les prétentions de Ptolémée admises en astronomie. Il a étudié le volume de l'univers et des planètes et les distances qui les séparent. Les calculs qu'il a effectués à la suite de ses recherches ont été admis comme des mesures invariables dans l'astronomie occidentale jusqu'à Copernic et ont été utilisés pendant des centaines d'années.

Les recherches d'al-Farghani ont révélé pour la première fois que le Soleil a lui aussi une orbite et qu'il tourne autour de son axe d'ouest en est. En outre, à la suite de recherches astronomiques qui ont duré 41 ans, la distance entre les cercles de latitude a été déterminée.195 L'un des travaux les plus remarquables d'al-Farghani est la méthode qu'il a découverte pour prévoir les éclipses de Soleil. Par cette méthode, al-Farghani a prévu une éclipse de Soleil en 842.196 Le plus important des 6 ouvrages d'astronomie d'al-Farghani parvenus jusqu'à notre époque est « Jawami' 'Ilm al-Nujum wa'l-Harakat al-Samawiyya » (« Les principes de l'astronomie et des mouvements des corps célestes »). Les manuscrits de ce livre d'astronomie consacré au mouvement des corps célestes sont conservés dans les bibliothèques d'Oxford, de Paris, du Caire et de l'université de Princeton en Amérique.

Ses activités dans les domaines de l'astronomie, des mathématiques, de la géographie et de la mécanique ont permis le développement de ces disciplines et le renforcement de leurs fondements. On voit l'influence d'al-Farghani dans les ouvrages de tous les savants du Turkestan et des savants européens de cette époque. Ses ouvrages, traduits en latin, ont été utilisés pendant des siècles comme manuels dans les universités européennes. La valeur trouvée pour la circonférence de la Terre (environ 40 253 700 mètres) par al-Farghani, connu dans le monde occidental sous le nom d'« Alfraganus », a joué un rôle encourageant dans la réalisation par Christophe Colomb de son idée d'atteindre l'Inde en traversant l'océan Atlantique. Colomb dit à ce sujet :

« Au cours de mes voyages, j'ai observé attentivement la route de Lisbonne à la Guinée et j'ai trouvé pour chaque degré la valeur de 56 2/3 milles, qui est celle d'Alfraganus. Nous devons nous fier à cette mesure ».197

Al-Battani (859-929)

Al-Battani, savant en mathématiques, en astronomie et en géographie, a fait de nombreuses découvertes importantes, en particulier dans le domaine de l'astronomie. Al-Battani, connu en Occident sous le nom d'« Albategnius », est considéré aujourd'hui encore comme l'un des 20 astronomes les plus célèbres au monde. Dans l'observatoire qu'il a fondé en 877, al-Battani a étudié les mouvements du Soleil, de la Lune et des planètes, et a rassemblé toutes ces observations dans le catalogue astronomique intitulé « Zij al-Sabi ». Ce catalogue est l'ouvrage le plus vaste et le plus complet écrit sur ce sujet.

Le célèbre astronome a calculé à 23° l'obliquité de l'écliptique terrestre, que Copernic, qui a vécu cinq siècles après lui, a calculée à 23° 35', et il a réussi à déterminer la valeur de l'angle connue aujourd'hui avec une différence d'une demi-minute. En outre, il a trouvé qu'une année solaire se compose de 365 jours, 5 heures, 46 minutes et 24 secondes. Cette découverte est extrêmement proche des calculs de notre époque. Il a aussi découvert que la longitude de l'apogée du Soleil avait augmenté de 16° 47' depuis la découverte de Ptolémée. Ce résultat est une découverte importante qui montre les mouvements orbitaux du Soleil et l'apparition de petites différences dans l'équation du temps.

Al-Battani est l'un des plus grands astronomes et mathématiciens de son époque.
Al-Battani est l'un des plus grands astronomes et mathématiciens de son époque.

Il est le premier à avoir utilisé en mathématiques les sinus au lieu de la corde grecque. Al-Battani, considéré comme le véritable fondateur de la trigonométrie nouvelle, s'est spécialisé dans ses travaux en trigonométrie sphérique et, en étudiant les angles droits, a mis en évidence les notions de sinus, cosinus, tangente, cotangente, sécante et cosécante.198 Il a de nombreux ouvrages sur l'astronomie et la trigonométrie. Ses travaux dans le domaine de l'astronomie ont marqué l'Europe jusqu'à la Renaissance, et ses découvertes en astronomie et en trigonométrie ont aidé au développement de ces sciences.199 Al-Battani, considéré comme l'un des premiers savants musulmans dont les ouvrages ont été traduits en latin, a bâti le véritable but de ses activités scientifiques sur ce fondement :

« L'homme peut apprendre l'existence, l'unicité, la puissance et la perfection des œuvres de Dieu par les sciences, au premier rang desquelles l'astronomie. Par exemple, ces étoiles visibles, cette Terre sur laquelle nous vivons et les mouvements de la Terre sont une preuve évidente de l'existence et de l'unicité de Dieu ».200

Abu al-Qasim al-Zahrawi (936-1013)

C'est grâce à al-Zahrawi, originaire d'al-Andalus, que la chirurgie est devenue une science indépendante. Al-Zahrawi a réalisé des opérations chirurgicales que d'autres n'avaient pas réussies jusqu'à son époque, et a inventé des méthodes et des instruments. Al-Zahrawi est considéré comme le médecin qui s'est consacré le plus, et le plus sérieusement, à la médecine à cette époque. Le facteur le plus important qui a contribué à la diffusion de sa renommée a été son célèbre ouvrage « al-Tasrif ». Ce livre, composé de deux volumes et de trente parties, est un ouvrage de neuf cents pages dont le titre original est « al-Tasrif li-man 'ajiza 'an al-ta'lif ». Cet ouvrage a été l'encyclopédie standard utilisée en Occident. « Al-Tasrif » est le premier livre dans lequel, avec la description des instruments chirurgicaux, des dessins de ces instruments sont aussi représentés. Un grand nombre de ces instruments chirurgicaux, dont le nombre atteint 200, sont des instruments nouveaux qui n'avaient jamais été utilisés auparavant dans aucune opération. Voici quelques-uns des succès d'al-Zahrawi en médecine :

Al-Zahrawi a encore perfectionné de nombreuses opérations délicates, y compris l'extraction du fœtus mort et l'amputation (l'ablation des membres).201 Il a synthétisé les connaissances chirurgicales de son époque et introduit dans le monde médical des idées et des méthodes nouvelles, comme la pratique d'opérations sur des animaux vivants à titre d'expérience.

Al-Zahrawi est le premier médecin de l'histoire à avoir décrit l'hémophilie (une maladie grave du sang dans laquelle le niveau de coagulation du sang est bas).202 Il est le premier à avoir traité les fractures du bassin.203 C'est aussi al-Zahrawi qui a établi le premier comment expulser les calculs rénaux.

Il a fabriqué pour la première fois un instrument original appelé « senanir » pour nettoyer et retirer les polypes du nez.

Il a réalisé pour la première fois une opération de la hernie et a utilisé dans ses opérations des méthodes d'anesthésie qui lui étaient propres.

Al-Zahrawi est connu comme le premier médecin à avoir avancé l'idée de remplir de plomb les dents cariées avant de les arracher, afin de pouvoir les extraire sans les briser.

Il a utilisé les instruments nécessaires lors des opérations en les débarrassant des microbes selon une méthode qui lui était propre. Il effectuait ce nettoyage au moyen d'une substance appelée « madda al-safra ». Les recherches menées à notre époque ont montré que cette substance possède la propriété de détruire les bactéries.

On voit ci-contre une page de la traduction latine de l'ouvrage d'al-Zahrawi « al-Tasrif li-man 'ajiza 'an al-ta'lif ». Al-Zahrawi a inventé et utilisé en médecine des instruments très précis et délicats.
On voit ci-contre une page de la traduction latine de l'ouvrage d'al-Zahrawi « al-Tasrif li-man 'ajiza 'an al-ta'lif ». Al-Zahrawi a inventé et utilisé en médecine des instruments très précis et délicats.

Les savants occidentaux ont reconnu qu'al-Zahrawi a été le premier à utiliser l'intestin animal pour suturer les plaies. Les fibres intestinales contenues dans les emballages stériles modernes d'aujourd'hui nous viennent d'al-Zahrawi.204 Selon Donald Campbell, « ce qui a attiré l'attention des savants européens au sujet d'al-Zahrawi, c'est la facilité avec laquelle il extrayait le fœtus lors de l'accouchement. Sa méthode, éclipsant celle de Galien, a conservé sa suprématie en Europe pendant cinq cents ans et a aidé au développement des standards chirurgicaux dans l'Europe chrétienne. »205

Ibn al-Haytham (965-1040)

Le plus grand physicien musulman formé au Moyen Âge est Ibn al-Haytham. L'ouvrage d'Ibn al-Haytham sur la lumière intitulé « Kitab al-Manazir » (Le trésor de l'optique) a été traduit en latin et a influencé en Occident les recherches de physiciens comme Roger Bacon. Alors que, dans l'Antiquité, on pensait que la vision se produisait parce que la lumière sortait de l'œil et atteignait l'objet, Ibn al-Haytham a prouvé, tout au contraire, que la lumière nous parvient de l'objet. C'est Ibn al-Haytham qui a donné le premier l'explication physique de la vision. En outre, Ibn al-Haytham, qui était aussi mathématicien et philosophe, a écrit plus de cent ouvrages et a été considéré comme une grande autorité dans tous les domaines scientifiques de son époque.206

Al-Biruni (973-1051)

Al-Biruni, considéré dans le monde musulman comme le plus grand savant en science et en religion des Xe et XIe siècles, a été dans l'histoire mondiale des sciences le plus grand astronome, mathématicien, ethnographe, historien et philosophe de son époque. Ses ouvrages sont encore aujourd'hui utilisés comme sources dans le monde scientifique occidental. La revue « Le Courrier » de l'UNESCO, publiée en 25 langues, a fait figurer sur la couverture de son numéro de juin 1974 les mots : « Al-Biruni, génie universel qui vivait en Asie centrale il y a 1 000 ans : astronome, historien, botaniste, spécialiste de pharmacie, géologue, poète, penseur, mathématicien, géographe et humaniste ».

Al-Biruni, qui a fait appeler le siècle où il a vécu « le siècle d'al-Biruni » et dont les ouvrages ont été utilisés des siècles après son époque, a marqué non seulement le monde musulman, mais le monde entier.207 Al-Biruni, d'origine turque, a indiqué que l'humanité, en particulier dans le domaine de la science, avait réalisé de grands gains grâce à la diffusion de cette civilisation sur de très vastes territoires à la suite de la conversion des Turcs à l'islam.

Bien que l'on admette que la loi de la gravitation a été découverte par le savant anglais Newton, c'est al-Biruni qui a mené le premier des recherches sur ce sujet. En outre, il a exprimé neuf siècles et demi plus tôt l'idée, débattue à notre époque, du glissement des terres émergées vers le nord. Al-Biruni, qui a été le premier à parler, à son époque, de l'existence du cap de Bonne-Espérance, a aussi donné des informations complètes sur l'Asie du Nord et l'Europe du Nord, et il a en outre parlé du continent américain et du Japon cinq siècles avant Christophe Colomb.208 Il a commencé ses activités dans le domaine de l'astronomie en 995 en calculant l'inclinaison du Soleil et des planètes. Il a noté que la vitesse de la lumière est extrêmement grande par rapport à celle du son.209 Al-Biruni a été le premier à mettre en évidence la relation connue en trigonométrie sous le nom de théorème du cosinus ; il a appliqué la géométrie à la botanique, a établi des faits très originaux sur les oiseaux et a écrit de nombreux livres dans des domaines très divers.

Al-Biruni est l'un des plus grands savants de son époque dans le domaine des sciences naturelles et exactes.
Al-Biruni est l'un des plus grands savants de son époque dans le domaine des sciences naturelles et exactes.

Il a découvert que la lumière est plus rapide que le son. De même qu'il a mis au jour les différences entre l'eau chaude et l'eau bouillante, il a découvert l'effet dilatant de la chaleur sur les métaux.210 Dans son ouvrage intitulé « Kitab al-Jamahir fi Ma'rifat al-Jawahir » (Sur les propriétés des pierres précieuses), il a calculé les poids de 23 corps solides et de 6 liquides de façon très proche des valeurs actuelles.211 Al-Biruni a déterminé les densités relatives au moyen d'un instrument qu'il appelait l'instrument conique et que l'on considère comme le plus ancien pycnomètre (instrument de mesure de la densité). Pour représenter les différentes caractéristiques du ciel et de la surface de la Terre, les cercles de latitude et de longitude, les continents et les mers, il a fabriqué un globe de sept mètres de diamètre. Par cette activité, il a gagné dans l'histoire le titre de premier savant à avoir cartographié la Terre sur un globe.212 Son ouvrage intitulé « Nihayat al-Amakin » (Les limites des lieux) a couvert divers domaines, de la géographie à la géologie et à la géodésie (activités de détermination de la forme du globe terrestre et de mesure de la surface de la Terre).213 L'ouvrage le plus important d'al-Biruni dans le domaine de l'astronomie est son encyclopédie intitulée « al-Qanun al-Mas'udi » (Le Canon de Mas'ud). Dans cet ouvrage figure, avec de nombreuses découvertes nouvelles, une partie consacrée à la trigonométrie. Al-Biruni, qui, s'opposant aux règles de Ptolémée et d'Aristote, a avancé que la Terre n'est pas immobile mais qu'elle est une masse en rotation, a posé, selon les historiens des sciences, les fondements de l'astronomie moderne.

La foi en Dieu d'al-Biruni

Al-Biruni avait fait la connaissance d'Ibn Sina dans la bibliothèque de Boukhara, et ils avaient tiré profit des connaissances l'un de l'autre. Les savants de Boukhara avaient une saine tradition d'échange de connaissances. Ils ne cachaient pas ce qu'ils savaient aux autres et aimaient le partager.214 Al-Biruni a cité un verset du Coran au sujet des domaines de l'algèbre, de la géométrie et de la géographie, a commenté le sujet traité dans le verset, a uni la science et la religion, et a affirmé que son but en apprenant la science était de connaître Dieu et de trouver la vérité. Ses ouvrages sont encore utilisés comme ouvrages de référence dans le monde scientifique occidental.

On voit ci-contre quelques exemples des travaux d'al-Biruni.
On voit ci-contre quelques exemples des travaux d'al-Biruni.

Dans son livre intitulé « Le Canon sur la Terre et les étoiles », al-Biruni a prouvé que les étoiles et les planètes sont sphériques et, en prouvant que la Terre tourne autour du Soleil et la Lune autour de la Terre, il avait exposé ces vérités 6 siècles avant les savants occidentaux.215 Al-Biruni, qui a réussi à calculer le diamètre de la Terre par une célèbre loi connue sous son nom, a trouvé le rayon de la Terre avec une différence de seulement 14 kilomètres.216 Le livre d'al-Biruni intitulé « Histoire de l'Inde », qui donne des informations très précieuses sur l'Inde, a été traduit dans toutes les langues occidentales et est devenu une source irremplaçable pour les géographes et les historiens. Pendant son séjour en Inde, il a traduit en sanskrit de nombreuses sources en arabe et en arabe certains livres en sanskrit, établissant ainsi le premier pont culturel entre la civilisation islamique et la civilisation indienne.217 Al-Biruni a mené son activité scientifique en se référant aux sagesses des versets. Dans de nombreux versets du Coran, Dieu attire l'attention sur l'importance des vérités de la foi. Dans les versets de la sourate Fatir, des exemples des vérités de la foi sont donnés ainsi :

« N'as-tu pas vu que Dieu fait descendre du ciel une eau, puis Nous en faisons sortir des fruits de couleurs diverses ? Et dans les montagnes, il y a des sillons blancs et rouges, de couleurs différentes, et d'autres d'un noir profond. Il y a de même, parmi les hommes, les animaux et les bestiaux, des couleurs diverses. Parmi Ses serviteurs, seuls les savants craignent Dieu. Dieu est certes Puissant et Pardonneur ! »

Coran, 35 : 27-28

Al-Biruni aussi a obtenu des vérités scientifiques en se référant aux sagesses des versets. Par exemple, il a expliqué par ce verset que, dans le nord de la Terre, le Soleil ne se lève pas pendant des mois et que, lorsqu'il se lève, il ne se couche pas :

« Et quand il eut atteint le lieu où le soleil se lève, il trouva qu'il se levait sur un peuple auquel Nous n'avions pas donné de voile pour s'en protéger »

Coran, 18 : 90

Al-Biruni l'a démontré en plaçant devant une lampe une sphère représentant la Terre et en la faisant tourner.218 Al-Biruni, qui renvoya au sultan Mas'ud le cadeau que celui-ci lui avait envoyé pour son livre, de l'or et des pierres précieuses du poids d'un éléphant, déclara : « J'ai écrit ce livre non pour la richesse, mais pour la science ».219

Ibn Sina (Avicenne) (980-1037)

Ibn Sina, reconnu par tous les milieux scientifiques du monde comme l'un des savants les plus précieux qui aient jamais existé, avait déjà appris toutes les sciences de son époque à l'âge de 18 ans. Son ouvrage intitulé « al-Qanun fi'l-Tibb » (Le Canon de la médecine), considéré comme un chef-d'œuvre en médecine et connu simplement sous le nom d'« al-Qanun », est divisé en parties consacrées à la physiologie, à l'hygiène (la préservation de la santé), à la thérapeutique et à la pharmacologie (la discipline scientifique relative aux médicaments). Cet ouvrage, grande encyclopédie médicale en cinq volumes d'environ un million de mots, a guidé pendant des siècles la littérature médicale, tant par son contenu que par sa méthode d'élaboration. À partir du XIIIe siècle, il a été utilisé comme manuel dans les universités européennes et a été le principal manuel aussi dans les universités de Montpellier et de Louvain, célèbres facultés de médecine de la France de l'époque. Jusqu'à l'apparition de la médecine nouvelle après lui, il a été considéré comme la source à laquelle se référaient les ouvrages écrits en turc, en arabe, en persan et dans diverses langues occidentales. Une grande partie des connaissances médicales exposées dans « al-Qanun » conserve encore aujourd'hui sa valeur.

Un travail d'Ibn Sina, connu comme le grand médecin, où figurent ses connaissances sur le foie, les poumons, le cœur et le cerveau.
Un travail d'Ibn Sina, connu comme le grand médecin, où figurent ses connaissances sur le foie, les poumons, le cœur et le cerveau.
À droite, on voit une miniature de pharmacie tirée d'un manuscrit du XVe siècle de l'ouvrage d'Ibn Sina. En bas, on voit une peinture représentant Ibn Sina au travail.
À droite, on voit une miniature de pharmacie tirée d'un manuscrit du XVe siècle de l'ouvrage d'Ibn Sina. En bas, on voit une peinture représentant Ibn Sina au travail.

Ibn Sina, connu dans le monde occidental sous le nom d'« Avicenne » et dont les idées éclairent la médecine de notre époque, a été le premier dans le monde médical à séparer la médecine et la chirurgie comme deux domaines distincts. En outre, il a souligné l'importance de l'anatomie dans le traitement chirurgical pour que l'homme mène une vie saine, a donné des exemples de traitements chirurgicaux non recommandés en raison d'un danger vital très élevé, et a recommandé des instruments à utiliser lors des opérations.

Lorsque l'on étudie ses ouvrages médicaux, on peut voir qu'Ibn Sina avait de nombreuses idées qui sont fondamentales même pour le monde médical de notre époque. Dans ses recherches médicales, il a même évoqué dans ses ouvrages le fait que, dans la contagion de certaines maladies, des sortes d'êtres invisibles à l'œil nu jouent un rôle, c'est-à-dire l'existence des « microbes » et de ces êtres inconnus. C'est Ibn Sina qui a été le médecin qui a pratiqué le premier une injection sous-cutanée, qui a appliqué le premier la narcose lors des opérations, qui a étudié scientifiquement les maladies de l'estomac et de l'intestin, qui a établi l'influence des états psychiques sur le système digestif, qui a trouvé le premier les causes de la paralysie faciale et qui a identifié le premier les vers de l'estomac et de l'intestin ainsi que le système respiratoire.220

Le grand médecin

Ibn Sina, considéré comme « le grand médecin » et qui a mené de vastes recherches dans les domaines des mathématiques, de l'astronomie et de la géométrie, a écrit près de 150 ouvrages, dont la plupart relèvent de domaines scientifiques comme la physique, l'astronomie et la philosophie. Les travaux d'Ibn Sina, qui a exposé 500 ans avant Isaac Newton la première loi de la dynamique physique dans son encyclopédie en 18 volumes intitulée « al-Shifa », couvrent, outre la médecine, les domaines des mathématiques, de la physique, de la métaphysique, de la théologie, de l'économie, de la politique et de la musique.221 Ibn Sina a aussi influencé, dans le domaine de la philosophie, les philosophes tant orientaux qu'occidentaux. Ses ouvrages ont été traduits en latin au XIIe siècle et se sont ensuite répandus dans le monde entier. Les ouvrages d'Ibn Sina ont occupé pendant environ 8 siècles la place d'honneur dans les bibliothèques du monde.222

Al-Khazini (1100-1160)

Al-Khazini, astronome et physicien qui a vécu au XIIe siècle au Turkestan, est connu en particulier pour ses travaux sur la gravitation terrestre et sur les balances.223 Al-Khazini a affirmé 500 ans avant Newton qu'« il existe une force qui attire tout corps vers le centre du globe terrestre ».224 Cent ans avant Roger Bacon, il a avancé l'idée que l'eau devient plus dense à mesure qu'on se rapproche du centre de la Terre. Il est le premier à avoir utilisé un aréomètre pour mesurer la densité et la température des liquides.225 En outre, il a travaillé sur la manière de déterminer la qibla dans de nombreuses villes musulmanes. Al-Khazini a aussi étudié les principes de la réfraction de la lumière et a établi que les rayons du Soleil qui entrent en contact avec le ciel n'atteignent pas la Terre directement, en ligne droite, mais en se réfractant.

Sur l'image, la balance de la sagesse à cinq plateaux qu'al-Khazini a fabriquée pour calculer le poids des corps dans l'air.
Sur l'image, la balance de la sagesse à cinq plateaux qu'al-Khazini a fabriquée pour calculer le poids des corps dans l'air.

Al-Khazini a aidé au développement de la chimie grâce aux balances sensibles qu'il a inventées pour mesurer la densité et le poids spécifique des substances chimiques. Dans son ouvrage intitulé « Kitab Mizan al-Hikma » (La balance de la sagesse), il a présenté la balance hydrostatique comme un instrument de mesure. Il a donné à cette balance qu'il a inventée le nom d'« al-mizan al-jami' » (la balance universelle). Les calculs de densité et de poids qu'il a effectués avec cette balance sont très proches des calculs réalisés avec la technologie de notre époque.226 Dans son ouvrage intitulé « Zij al-Sanjari » (Catalogue d'étoiles), al-Khazini a aussi fait figurer des informations sur les étoiles et les planètes ainsi que les cercles de latitude et de longitude de l'État seldjoukide. Dans son opuscule intitulé « Risala fi'l-Alat » (Traité sur les instruments), il traite des instruments d'observation.

Ibn Rushd (Averroès) (1126-1198)

C'est un savant andalou en philosophie, en fiqh, en mathématiques et en médecine, connu dans le monde occidental sous le nom d'« Averroès ». Son ouvrage philosophique le plus célèbre est « Tahafut al-Tahafut » (L'incohérence de l'incohérence). Il s'est efforcé de relier le système de pensée d'Aristote à l'islam. La redécouverte en Occident de l'héritage scientifique d'Aristote a résulté de la traduction en latin des ouvrages d'Ibn Rushd au début du XIIe siècle, et ses ouvrages ont influencé pendant des siècles la pensée orientale et occidentale.

Ibn Rushd, savant en médecine, en mathématiques, en philosophie et en fiqh.
Ibn Rushd, savant en médecine, en mathématiques, en philosophie et en fiqh.

Ses livres ont été imprimés en Italie en dix volumes et ont été utilisés comme manuels dans les universités d'Italie et de France.227 Ibn Rushd, qui voyait l'organisme humain comme « une œuvre extraordinaire de Dieu par sa création »228, a dit que « la dissection de l'organisme en parties pour l'étudier renforce la foi ».229 Dans le domaine de la neurologie, Ibn Rushd a avancé l'existence de la maladie de Parkinson et le fait que les propriétés photoréceptrices appartiennent à la rétine de l'œil.230 Dans le domaine de la physique, Ibn Rushd est la première personne à avoir défini et mesuré la force comme « la vitesse à laquelle un travail est accompli pour modifier l'état cinétique d'un corps matériel ». En outre, Ibn Rushd est aussi le premier à avoir prétendu que « l'effet et la mesure de la force sont le changement de l'état cinétique d'une masse matériellement continue ».231

Al-Jazari (1136-1206)

Al-Jazari, que les sources occidentales décrivent comme « l'ingénieur musulman qui s'est élevé au sommet de son époque », a été pendant 32 ans ingénieur en chef au palais artuqide de Diyarbakir, en Anatolie orientale. Al-Jazari, qui a mené des activités scientifiques en ce lieu, est en même temps le premier fondateur de la cybernétique, la science de la communication, du contrôle, de l'établissement de l'équilibre et de la régulation.232 Ce domaine scientifique, qui s'est perfectionné avec le temps et a permis l'apparition des ordinateurs, étudie l'échange d'informations, le contrôle et l'état d'équilibre chez les hommes et dans les appareils.233 Les nombreuses inventions d'al-Jazari possèdent aujourd'hui encore des qualités stupéfiantes.

Al-Jazari est l'auteur du livre intitulé « al-Jami' bayn al-'Ilm wa'l-'Amal al-Nafi' fi Sina'at al-Hiyal » (Recueil de connaissances et de pratiques utiles dans l'art des dispositifs ingénieux), qui donne la conception de nombreux dispositifs pratiques et esthétiques, comme des horloges à eau, des dispositifs de contrôle automatique, des fontaines, des récipients de recueil du sang, des serrures à code et des robots, et qui explique comment les réaliser. Il a lui-même dessiné et colorié toutes les illustrations de l'ouvrage. Cet ouvrage, accueilli avec un grand intérêt dans le monde occidental depuis le début du XXe siècle, a été traduit en anglais en 1974 par Donald R. Hill sous le titre « The Book of Knowledge of Ingenious Mechanical Devices ». Le célèbre historien des sciences, le professeur Lynn White Jr., qui a écrit la préface de la traduction du livre, indique que de nombreuses découvertes ont été faites par al-Jazari bien avant Léonard de Vinci et d'autres. On ne rencontre dans d'autres ouvrages des inventions semblables aux dispositifs parfaits qu'il a fabriqués en utilisant la cybernétique que 200 à 350 ans après la mort d'al-Jazari.

Al-Jazari est décrit dans les sources occidentales comme « l'ingénieur musulman qui s'est élevé au sommet de son époque ».
Al-Jazari est décrit dans les sources occidentales comme « l'ingénieur musulman qui s'est élevé au sommet de son époque ».

L'ouvrage d'al-Jazari, de renommée mondiale, donne des informations sur la fabrication et le fonctionnement d'appareils automatiques, d'éléphants robots, de paons qui chantent d'eux-mêmes, d'horloges automatiques, d'un homme robot qui verse de l'eau sur les mains et de nombreux appareils liés à l'ingénierie. Le livre donne la conception détaillée de 50 appareils, avec leurs plans. Parmi ces instruments, 6 sont des horloges à eau, 4 des horloges à bougie, 6 des aiguières à long bec, 7 des automates produisant différents sons et utilisés à des fins de divertissement, 3 des appareils automatiques utilisés pour les ablutions, 4 des récipients pour la saignée, 6 des fontaines, 4 des appareils qui produisent des sons d'eux-mêmes, 5 des appareils qui font monter l'eau, 2 des serrures, 1 un instrument de mesure des angles, 1 une horloge à eau en forme de bateau, et il y a aussi la porte de la ville d'Amid. Al-Jazari a aussi fabriqué avec une grande précision les pièces spéciales utilisées dans ces appareils.

Ibn al-Baytar (1199-1248)

Ibn al-Baytar, qui occupe une place particulière en botanique, en médecine et en pharmacie, est connu comme le plus grand botaniste et pharmacien du Moyen Âge. Il a écrit une encyclopédie médicale, « Les éléphants étranges », « La paraphrase de Dioscoride » et l'« Encyclopédie des médicaments et des aliments ». Au cours des voyages qu'il a effectués tout au long de sa vie, Ibn al-Baytar a rassemblé des connaissances approfondies sur les plantes médicinales. Il a rassemblé ces connaissances dans l'« Encyclopédie des médicaments et des aliments », connue aussi sous le nom de « Baytarname ». Dans cet ouvrage, il a traité de l'intérêt thérapeutique de 1 400 plantes au total, dont 200 étaient inconnues auparavant et qui peuvent aussi être utilisées à la place d'autres plantes. Dans ce livre, rédigé selon des méthodes entièrement modernes, Ibn al-Baytar, qui explique quels médicaments peuvent être préparés, les a classés par ordre alphabétique. Il a donné l'équivalent des noms des médicaments en arabe, en grec, en persan et en espagnol.234 À l'époque de la Renaissance européenne, l'orientaliste autrichien Sontheimer a traduit en latin l'« Encyclopédie des médicaments et des aliments » d'Ibn al-Baytar. Ce livre a été utilisé comme source dans les universités occidentales jusqu'au XIXe siècle.

Nasir al-Din al-Tusi (1200-1273)

Nasir al-Din al-Tusi est un grand mathématicien qui a apporté des innovations aux travaux liés à l'ingénierie et à l'espace, et qui a développé la trigonométrie en en faisant une discipline scientifique indépendante. Il a commenté et critiqué le livre en 13 volumes d'Euclide intitulé « Les Éléments ».

Nasir al-Din al-Tusi et l'un de ses ouvrages manuscrits.
Nasir al-Din al-Tusi et l'un de ses ouvrages manuscrits.

Nasir al-Din al-Tusi avait créé de nouveaux systèmes en mathématiques en résolvant certains problèmes d'ingénierie par l'algèbre et certains problèmes d'algèbre par la méthode de l'ingénierie. Dans le domaine des mathématiques, il a écrit des livres comme « La sphère en mouvement », « Le développement de la sphère » et « L'algèbre et la comparaison ».235 L'observatoire fondé par al-Tusi à Maragha est devenu en peu de temps l'un des observatoires les plus grands et les plus célèbres du monde musulman.236 Avec le temps, il a été considéré comme l'un des observatoires les plus grands et les plus célèbres de l'histoire mondiale.

En commentant le livre de Ptolémée intitulé « l'Almageste », al-Tusi a avancé une théorie nouvelle et plus simple pour l'univers et a ainsi préparé le terrain aux succès de Copernic. Les innovations qu'il a apportées dans ses travaux sur la physique, l'ingénierie et l'espace ont aidé l'humanité à progresser dans ces domaines. Ses théories et ses démonstrations suscitent encore aujourd'hui l'admiration des mathématiciens. Le livre de Nasir al-Din al-Tusi sur la trigonométrie a été traduit dans le monde occidental en latin, en français et en anglais, et de nombreux savants ont avancé de nouveaux théorèmes en s'appuyant sur ce livre.

L'orientaliste américain George Sarton a dit au sujet de Nasir al-Din al-Tusi : « Al-Tusi est l'un des plus grands savants et mathématiciens musulmans. »237

Al-Qazwini (1203-1283)

Le grand géographe et spécialiste des sciences de la Terre Zakariya ibn Muhammad al-Qazwini a rédigé, au terme de quinze ans de travail, le livre intitulé « 'Aja'ib al-Makhluqat wa Ghara'ib al-Mawjudat » (Les merveilles des créatures et les singularités des êtres). Ce livre a été traduit en persan, en turc et en français. Le livre se compose de deux parties principales. Dans la première partie, il donnait des informations sur les corps célestes et l'espace, et traitait des positions des corps célestes selon le lieu et le temps. Dans la deuxième partie, il parlait des informations fondamentales sur le globe terrestre, de la structure géologique de la surface de la Terre, des minéraux, des plantes et des animaux. La cosmographie d'al-Qazwini, que le chercheur allemand Carl Brockelmann a appelée « la cosmographie la plus précieuse de la civilisation islamique », était l'un des ouvrages les plus lus du monde musulman (la cosmographie est la branche de la science qui, en ne faisant appel qu'aux notions fondamentales des mathématiques et de la physique, traite des phénomènes les plus importants de la cosmologie).

Une page de l'ouvrage de Zakariya ibn Muhammad al-Qazwini.
Une page de l'ouvrage de Zakariya ibn Muhammad al-Qazwini.

La particularité de l'ouvrage intitulé « 'Aja'ib al-Makhluqat » est qu'il a été écrit sur la base de l'unicité de Dieu et de l'unité de la création. L'univers est la manifestation de Dieu, la Vérité absolue. Le commandement « Sois » de Dieu a fait exister en un instant toute chose dans l'univers et a permis aux créatures d'être en relation mutuelle entre elles. Selon l'islam, l'homme doit comprendre très bien la sagesse de la création de Dieu. Al-Qazwini a souligné qu'il est important que l'homme s'efforce, au plus haut niveau qui lui est possible, d'étudier la création extraordinaire et pleine de sagesse de Dieu, d'y réfléchir avec émerveillement et de la comprendre. De cette façon, l'homme gagnera les beautés de ce monde comme celles de l'au-delà.238 Al-Qazwini avait réussi à mettre au jour de nombreuses vérités que les savants du passé, en Orient et en Occident, ignoraient. De nombreux savants qui se consacraient à l'espace et à la géographie ont utilisé ce livre jusqu'aux XVIe et XVIIe siècles.239 Le dernier livre d'al-Qazwini, « Les traces des pays et les nouvelles des hommes », est quant à lui une sorte d'histoire de l'humanité.

Ibn al-Nafis (1213-1288)

Un autre savant qui a apposé son sceau sur des réalisations importantes de la science au XIIIe siècle est Ala al-Din Ali ibn Abi al-Hazm al-Qurashi, connu sous le nom d'Ibn al-Nafis.240 Dans son célèbre ouvrage intitulé « Mujaz al-Qanun », Ibn al-Nafis a donné de nombreuses explications médicales. Dans son ouvrage, en étudiant notamment l'anatomie du cœur et des voies respiratoires, il a mis au jour la structure et la fonction des poumons et a prouvé l'existence des capillaires.241 La caractéristique principale de l'ouvrage est qu'Ibn al-Nafis a décrit la petite circulation sanguine 3 siècles avant Michel Servet, au XVIe siècle, exactement comme lui. Jusqu'à cette époque, la croyance classique en anatomie pensait que le septum (la membrane ou la paroi de séparation qui sépare l'une de l'autre deux parties distinctes d'un organe) était perméable. Ibn al-Nafis, lui, a avancé l'idée que le septum n'était pas perméable. Et, dans les siècles suivants, il a été prouvé par l'observation que le septum n'était pas perméable.242 Par cette découverte importante, Ibn al-Nafis est sans aucun doute devenu l'une des plus grandes figures de l'histoire de la médecine. En outre, Ibn al-Nafis a étudié la structure de l'œil et le phénomène de la vision et l'a exposé de façon moderne.

Ibn Battuta (1303-1378)

Ibn Battuta, qui était un grand voyageur, a noté dans son carnet tout ce qu'il a vécu et vu dans les lieux qu'il a visités.

Ibn Battuta a mis par écrit ce qu'il a vu au cours de son voyage sur trois continents en deux ans. Les informations recueillies au cours de ses voyages sont bien plus nombreuses que celles qui ont été obtenues lors du voyage de Marco Polo. 500 ans après la mort d'Ibn Battuta, les orientalistes ont commencé à s'intéresser à ses voyages et, en traduisant son livre en latin, en anglais, en français et en allemand, ils ont commenté les événements.

Ibn Khaldoun (1331-1406)

Ibn Khaldoun est considéré comme le fondateur de la sociologie. Son ouvrage intitulé « Introduction sur l'importance de l'histoire », qu'il a écrit en une courte période de 5 mois environ à la suite de ses expériences et de ce qu'il avait appris, a été le livre qui a posé les fondements non seulement de la sociologie, mais de toutes les sciences sociales.

Devenu l'un des livres les plus connus au monde en sociologie, il est entré dans l'histoire sous le nom de « Muqaddima d'Ibn Khaldoun ». Ce livre traite des réalités sociales qui ont influencé l'histoire de l'humanité.243 Ibn Khaldoun, considéré comme le premier véritable « philosophe de l'histoire », a été le premier à fonder la philosophie de l'histoire sur les événements historiques.

Ibn Khaldoun, connu comme le fondateur de la sociologie.
Ibn Khaldoun, connu comme le fondateur de la sociologie.

Qadi Zadeh al-Rumi (1337-1421)

Qadi Zadeh al-Rumi, savant en mathématiques, en astronomie et en fiqh, a été à Samarcande le maître d'Ulugh Beg, petit-fils de l'émir Tamerlan.244 Ulugh Beg accorda une grande valeur à son maître Qadi Zadeh et fit construire pour lui une médersa et un observatoire. À la suite des observations qu'il a menées dans cet observatoire, Qadi Zadeh al-Rumi avait établi que de nombreuses informations obtenues par les savants grecs de l'Antiquité étaient erronées. Il s'était sérieusement consacré à l'établissement de nouvelles tables astronomiques. C'est pourquoi on parle de Qadi Zadeh comme de l'astronome le plus sérieux et le plus authentique de son époque.

L'un des travaux les plus remarquables de Qadi Zadeh al-Rumi est le calcul du sinus de 1°.245 Il a des ouvrages importants comme « Risala fi Istikhraj Jayb Daraja Wahida » (Traité sur le calcul du sinus d'un degré), « Sharh Ashkal al-Ta'sis » (Commentaire des Ashkal al-Ta'sis) et « Mukhtasar fi'l-Hisab » (Abrégé de calcul). Des savants célèbres comme Fathullah Shirvani et Ali Qushji ont été les élèves de Qadi Zadeh al-Rumi.

Mahmud Shirvani (1375-1450)

Shirvani, considéré comme l'un des premiers médecins de la médecine ottomane, a rédigé 11 ouvrages au cours de sa vie et a dédié tous ses ouvrages aux hommes d'État de son époque.246 Son dernier ouvrage, dédié au sultan Mehmed le Conquérant et le plus important de ses ouvrages, « Murshid », est connu comme le plus grand ouvrage de la médecine ottomane consacré aux maladies des yeux.247 Un autre ouvrage qu'il a écrit, « Tuhfa-i Muradi », a été inscrit, en raison des informations qu'il contient, sur la liste des premiers ouvrages médicaux écrits en Anatolie. Bien que le livre traite en réalité des pierres précieuses, il est considéré par les historiens comme un livre de médecine parce qu'il explique l'utilisation de ces pierres en médecine.248 Parmi les ouvrages de Shirvani, 4 ont été rédigés en arabe et 6 en turc. Il n'y a pas, dans la médecine ottomane de la première période, de second auteur médical aussi créatif.249

À gauche, une miniature ottomane du XVIIe siècle représentant des activités astronomiques ; en bas, un manuscrit conservé dans les archives de l'observatoire de Kandilli.
À gauche, une miniature ottomane du XVIIe siècle représentant des activités astronomiques ; en bas, un manuscrit conservé dans les archives de l'observatoire de Kandilli.

Şerafeddin Sabuncuoglu (1386-1470)

Par ses ouvrages, il a contribué au développement de la médecine à l'époque ottomane. « Cerrahiyyetü'l-Haniyye », premier livre de chirurgie écrit en turc par Sabuncuoglu, est devenu très célèbre dans l'histoire de la médecine parce qu'il a été le premier à représenter les opérations chirurgicales par des miniatures.250 Dans « Kitab al-Tasrif », qu'il a écrit en perfectionnant le livre d'al-Zahrawi, figurent, avec les instruments, des illustrations montrant comment les opérations étaient réalisées. Il a aussi un ouvrage sur les médicaments intitulé « Mücerrebname ».251

Akşemseddin (1389-1459)

Il a été un célèbre scientifique de son époque dans des domaines scientifiques comme la médecine, l'astronomie, la biologie et les mathématiques. Parmi ses ouvrages célèbres figurent « Maddat al-Hayat » (La matière de la vie), qu'il a écrit en turc sur la médecine, ainsi que les livres « Hall-i Mushkilat » (La résolution des difficultés) et « Risalat al-Nuriyya » (Le traité de la lumière), qu'il a écrits en arabe.252 Dans son ouvrage intitulé « Maddat al-Hayat », il a décrit le microbe il y a cinq cents ans, en disant : « Il est faux de penser que les maladies apparaissent chez les hommes une à une. Les maladies passent d'homme à homme par contagion. Cette contagion se fait par des germes vivants, si petits qu'ils sont invisibles à l'œil nu ».253 Akşemseddin, qui a annoncé pour la première fois au monde la conclusion à laquelle Pasteur est parvenu avec des instruments techniques quatre siècles après lui, s'est aussi occupé de la maladie du cancer.

On sait qu'Akşemseddin, connu pour sa proximité avec les sultans Murad II et Mehmed II, a guéri de nombreux malades au palais et dans l'entourage du palais grâce aux médicaments qu'il préparait. Les deux grands ouvrages médicaux extrêmement importants d'Akşemseddin conservent encore leur importance dans la littérature médicale.

Ulugh Beg (1393-1449)

Ulugh Beg, qui a exercé notamment dans les domaines de l'astronomie et des mathématiques, a accordé de l'importance aux activités scientifiques à son époque malgré son jeune âge et a fait construire en 1417 une médersa pour développer les activités dans le domaine de l'astronomie.

Ulugh Beg, qui a rassemblé dans cette médersa les savants les plus célèbres de son époque, comme al-Kashi (le mathématicien musulman qui a découvert la fraction décimale)254 et Qadi Zadeh al-Rumi, a mené des travaux sur des tables précises de sinus et de cosinus, exactes jusqu'à huit décimales, et sur des formules de trigonométrie sphérique.

Ulugh Beg, que les savants occidentaux considèrent comme « le plus grand astronome du XVe siècle », a mené de vastes travaux dans le domaine de la trigonométrie, qui constitue la base de ses activités en astronomie, et a écrit sa grande œuvre, le « Zij d'Ulugh Beg ». La « Table des étoiles d'Ulugh Beg », première table détaillée des étoiles après Ptolémée, a été la source des activités astronomiques jusqu'au XVIIe siècle. Cet ouvrage indique le nom et la position de 1 022 étoiles. John Greaves a fait imprimer une partie de ce livre à Oxford en 1648. Deux ans plus tard, la première partie a été imprimée à Londres, puis l'ouvrage a été publié une seconde fois et traduit en latin en 1665. Plus tard, l'ouvrage a été traduit intégralement en français.255 En outre, les recherches menées à l'observatoire de Samarcande ont aussi mis au jour certaines erreurs dans les calculs de Ptolémée, admis de façon absolue jusqu'à cette époque.256 Les faits obtenus à la suite des observations à l'observatoire ont permis à Ulugh Beg de calculer de façon très exacte la durée d'une année à 365 jours, 5 heures, 49 minutes et 15 secondes. Les autres services rendus par Ulugh Beg au monde scientifique sont les faits qu'il a obtenus sur le Soleil, la Lune et les planètes.257 Le monde scientifique occidental a jugé Ulugh Beg digne du titre d'« astronome du XVe siècle », et l'Union astronomique internationale a donné son nom à un cratère de la surface de la Lune.258

Ulugh Beg, l'un des astronomes les plus connus de son époque.
Ulugh Beg, l'un des astronomes les plus connus de son époque.

Ali Qushji (Ali Kuşçu) (1403-1474)

Ali Qushji, qui a acquis une grande renommée par les ouvrages qu'il a produits parmi les savants en astronomie et en mathématiques du monde turco-islamique, est considéré comme l'un des savants pionniers de l'astronomie. Il a eu, en particulier dans ces deux domaines, des activités d'enseignement et de formation si importantes qu'elles ont dépassé les limites de son époque.

Ali Qushji, qui a fabriqué un cadran solaire dans le complexe de Fatih, a déterminé le degré de latitude et de longitude d'Istanbul.259 Le nom de Qushji, qui a dressé la première carte de la Lune, a été donné à notre époque à une région de la Lune.

L'un des plus grands ouvrages d'Ali Qushji sur l'astronomie est « Risala fi'l-Hay'a » (Traité d'astronomie).260 Cet ouvrage, qui a laissé une trace profonde dans le domaine des mathématiques et de l'astronomie, contient tous les détails scientifiques, jusqu'aux distances des corps célestes par rapport à la Terre. Il a été écrit en persan, puis traduit en arabe, et il a été un livre privilégié dans le domaine de l'astronomie même après l'entrée de la science occidentale en Turquie.

Le célèbre astronome ottoman Ali Qushji, qui a dressé la première carte de la Lune.
Le célèbre astronome ottoman Ali Qushji, qui a dressé la première carte de la Lune.

Sa grande œuvre dans le domaine des mathématiques est « Risala fi'l-Hisab » (Traité d'arithmétique). En outre, son ouvrage intitulé « Sharh Zij-i Ulugh Beg » (Commentaire du catalogue d'étoiles d'Ulugh Beg), qui contient les connaissances mathématiques les plus avancées de son époque, s'est rendu célèbre par ses services.261 Son ouvrage intitulé « Risalat al-Fathiyya », quant à lui, a été utilisé au XIXe siècle comme manuel à la Mühendishane d'Istanbul (l'Université technique d'Istanbul). Dans cet ouvrage, il a fait figurer les distances des corps célestes par rapport à la Terre et a en outre ajouté une carte de la Terre à la fin de son livre. Il y a déterminé l'inclinaison de l'axe du globe terrestre à 23° 30' 17". C'est une valeur très proche des chiffres astronomiques modernes de notre époque (23° 27').

Molla Lütfi (?-1495)

Molla Lütfi, considéré comme l'un des célèbres mathématiciens du XVe siècle, a traité, dans son livre intitulé « Tad'if al-Madhbah » (Sur la duplication de la pierre de l'autel), de sujets géométriques comme les définitions du carré et du cube, le produit des côtés et des faces et l'élévation au carré, et il a étudié le célèbre problème de Délos.262

Mukbilzade Mümin (XVe siècle)

L'un des savants importants de l'époque ottomane est aussi Mukbilzade Mümin, formé à l'époque de Murad II, qui a écrit deux ouvrages importants. Mümin est, avec Shirvani, qui s'intéressait particulièrement aux maladies des yeux, l'un des premiers médecins ottomans.

Le premier ouvrage de l'auteur est « Zahire-i Muradiye », dédié au souverain. Son deuxième ouvrage, « Miftah al-Nur wa Khaza'in al-Surur », est lui aussi un livre de médecine important dédié de la même manière au souverain. Dans le livre, après avoir traité de manière générale du diagnostic et de la santé, il explique les détails relatifs aux maladies des yeux.263 Dans cet ouvrage important sont donnés une description détaillée de la structure de la tête et du crâne et de leurs maladies, des maladies des yeux, des troubles des paupières, de maladies comme la conjonctivite (l'inflammation de la membrane muqueuse de la paupière) et l'inflammation de la cornée de l'œil, et sont expliqués les mesures et les remèdes pour prévenir les maladies.264 Le fait que le nom de Mukbilzade Mümin figure obligatoirement sur les listes de médecins de toutes les fondations de Darüşşifa chez les Ottomans prouve qu'il était un médecin extrêmement important de son époque et reflète en même temps l'attention accordée aux maladies des yeux à cette époque.

Mîrim Çelebi (?-1525)

Mîrim Çelebi, de son vrai nom Mahmud ibn Mehmed, est l'un des astronomes et mathématiciens les plus avancés de la Turquie ottomane du XVIe siècle. Il est né à Istanbul, a étudié dans les médersas, a enseigné à l'époque où Bayezid était prince et a occupé des fonctions importantes. Après Ali Qushji, c'est Mîrim Çelebi qui a le plus travaillé au développement de la géométrie à l'époque ottomane. Il a écrit de nombreux ouvrages sur les mathématiques et l'astronomie, et ses deux ouvrages en arabe intitulés « Shifa' al-Asqam wa Dawa' al-Alam » et « Kitab al-Ta'alim fi'l-Tibb » ont joué un grand rôle dans le développement de la médecine ottomane.

L'une des plus grandes œuvres de Çelebi, petit-fils de Qadi Zadeh et d'Ali Qushji, est le commentaire qu'il a écrit en persan sur le « Zij d'Ulugh Beg », intitulé « Dastur al-'Amal wa Tashih al-Jadwal » (Le principe du travail et la correction de la table).265 Dans l'ouvrage, l'auteur a expliqué les sujets de différentes manières ; par exemple, pour calculer le sinus d'un arc de 1 degré, il a montré de façon très compréhensible 5 méthodes de résolution différentes.

Il a de nombreux traités sur les mathématiques et l'astronomie. Mîrim Çelebi est l'un des savants musulmans qui ont le plus travaillé au développement des sciences de l'astronomie et des mathématiques dans l'État ottoman.

Seydi Ali ibn Hüseyin (1498-1563)

Seydi Ali ibn Hüseyin, connu sous le nom de Seydi Ali Reis, a participé à de nombreuses expéditions maritimes, en particulier à des guerres, puis a servi Barberousse Hayreddin Pacha ; il a été un spécialiste de l'astronomie et un grand marin.266 L'ouvrage le plus important de Seydi Ali Reis, qui montre qu'il était un savant connaissant vraiment très bien l'astronomie et la géographie maritimes, est « Kitab al-Muhit ». L'ouvrage traite de sujets importants comme la détermination de la direction, le calcul du temps, le calendrier, les temps solaires et lunaires, les divisions de la boussole, la hauteur de l'étoile Polaire depuis diverses îles et ports célèbres, certaines informations relatives à l'astronomie, les vents, les routes, les grandes tempêtes et les mesures à prendre contre elles. Comme on le voit d'après les sujets, le « Muhit » est un ouvrage extrêmement scientifique et important.267 Seydi Ali Reis a aussi traduit, sous le titre « Khulasat al-Hay'a », le célèbre ouvrage d'Ali Qushji « Fathiyya », en y faisant des ajouts. En dénombrant les cieux, il a utilisé des termes astronomiques et a ajouté que le centre de l'univers est le centre de la Terre et que les corps lourds tombent vers le centre de la Terre.268 Dans un autre ouvrage, « Mir'at al-Ka'inat », l'auteur donne des informations sur des sujets comme la hauteur du Soleil et la position des étoiles, la détermination de la qibla et de l'heure de midi, le calcul des circonférences des cercles, des sinus, des cordes et des tangentes, ainsi que la méthode pour mesurer la largeur d'une rivière qu'il est impossible de traverser. C'est un marin et un astronome supérieur qui a donné de nombreuses connaissances importantes dans son domaine et qui a laissé après lui des ouvrages très précieux.269

Takiyüddin (1521-1585)

Il est l'un des plus grands astronomes du XVIe siècle. Il est venu du Caire à Istanbul pour obtenir une charge de l'État, a été présenté au sultan en raison de sa maîtrise des mathématiques et, avec sa grande aide, il a fondé un observatoire. Takiyüddin, qui a fondé l'observatoire d'Istanbul, a fabriqué neuf instruments ingénieux qu'il utilisait pour effectuer des mesures relatives aux corps célestes, et ils ont été les appareils d'observation les plus parfaits du XVIe siècle. L'un de ces appareils, la « libna », est un instrument mural utilisé pour observer le passage des étoiles au méridien. Grâce à cet instrument, il est devenu possible à cette époque de calculer les coordonnées équatoriales des corps célestes.

L'ouvrage le plus important de Takiyüddin est « Sidrat al-Muntaha ». Dans cet ouvrage, les paramètres du Soleil ont été calculés en utilisant la méthode des trois points d'observation. Takiyüddin est, en dehors de Tycho Brahe et de Copernic, la troisième personne au monde à avoir utilisé cette méthode. Bien qu'ils soient parvenus à des résultats semblables, les calculs de Takiyüddin relatifs aux paramètres du Soleil sont entrés dans l'histoire comme les calculs les plus exacts du XVIe siècle.

Takiyüddin a parlé dans ses ouvrages des « horloges » comme d'instruments astronomiques.271 La caractéristique principale de ces horloges est qu'elles calculent avec précision les minutes et les secondes. La date de fabrication en Europe d'une horloge indiquant les minutes et les secondes coïncide avec l'époque à laquelle Takiyüddin a parlé de ce mécanisme.

Dans un petit zij intitulé « Kharidat al-Durar wa Faridat al-Fikar » (Le recueil de perles et la perle des pensées), Takiyüddin a utilisé les fractions décimales et a donné des informations à ce sujet. Autrement dit, les fractions décimales ont été, bien avant d'être connues en Europe, non seulement présentées, mais même utilisées par Takiyüddin.272 Les travaux de Takiyüddin dans le domaine de l'optique ont eux aussi constitué les connaissances fondamentales de cette science. Le haut niveau qu'il a atteint en optique s'est poursuivi parallèlement aux débats qui ont conservé leur actualité en Occident jusqu'au XVIIe siècle.273 Compte tenu de tout cela, on voit clairement que Takiyüddin est l'un des savants qui ont réalisé des « premières » dans le monde.

Katip Çelebi (1609-1657)

Katip Çelebi, natif d'Istanbul, s'est à la fois consacré à la science et a donné des cours particuliers aux enfants des hommes d'État. Les ouvrages de Katip Çelebi, qui connaissait l'arabe, le persan et le latin, ont été traduits dans de nombreuses langues étrangères. Son ouvrage le plus important, « Kashf al-Zunun », est un dictionnaire bibliographique qui énumère un à un les 14 500 ouvrages de 10 000 auteurs musulmans. « Cihannüma », le plus important des livres de géographie écrits en turc, « Fezleke », livre très précieux d'histoire ottomane, « Tuhfet'ül-Kibar », qui retrace l'histoire de la marine turco-ottomane, et « Takvim'üt-Tevarih », qui traite de l'histoire du monde, sont parmi ses ouvrages les plus célèbres.274 Dans son ouvrage intitulé « Cihannüma », consacré à la géographie et à l'astronomie, il a divisé les 5 continents de la Terre en 6 parties et a donné des informations générales sur chacune d'elles (l'Europe, l'Asie, l'Amérique, l'Australie et les régions polaires). L'ouvrage présente diverses preuves de la sphéricité de la Terre et donne des informations sur toutes les plantes et tous les animaux connus, du Japon jusqu'à Erzurum. « Cihannüma » est aussi le premier et le seul livre de géographie systématique contenant des informations précieuses, introuvables ailleurs, sur la domination des Ottomans sur trois continents, leurs villes et leurs bourgs.275

Hezarfen Ahmed Çelebi (XVIIe siècle)

Ahmed Çelebi, qui, pour mesurer le degré de résistance des ailes qu'il avait préparées en étudiant le vol des oiseaux, s'est lancé dans les airs depuis la tour de Galata en battant des ailes, a traversé le Bosphore et s'est posé du côté d'Üsküdar. Parce qu'il a été l'un des premiers hommes à réussir à voler avec des ailes qu'il avait lui-même fabriquées, et en raison de ses connaissances étendues, il est connu dans le peuple sous le surnom de « Hezarfen », qui signifie « 1 000 sciences ».

Hezarfen Ahmed Çelebi a préparé la forme simple des moyens de transport aérien d'aujourd'hui et a été l'une des figures importantes de l'histoire de l'aéronautique turque.276

Conclusion

La caractéristique commune des savants musulmans dont nous avons évoqué dans cette section les activités scientifiques, toutes plus précieuses les unes que les autres, est qu'ils ont travaillé à étudier les preuves de la science infinie de notre Seigneur le Très-Haut et à mieux saisir Sa puissance. Ces savants, dont nous n'avons pu présenter qu'une partie, ne se sont pas contentés de l'activité scientifique ; à mesure qu'ils voyaient les preuves présentes dans l'univers, leur crainte de Dieu augmentait, et ils ont poursuivi avec une grande ardeur leurs efforts pour faire connaître aux hommes l'existence absolue de Dieu. Les pionniers musulmans de la science, tout en démontrant les mécanismes magnifiques créés par notre Seigneur le Très-Haut, ont aussi eu pour but d'anéantir les religions fausses qui divinisent la nature (nous proclamons Dieu au-dessus de cela). Ils ont étudié les informations contenues dans les versets du Coran et ont utilisé correctement la science pour en découvrir les secrets. Prenant pour modèle le fait que le Coran montre la voie à la science, ils ont présenté à tous les hommes les découvertes scientifiques obtenues grâce à ces recherches. La conduite des savants musulmans doit servir d'exemple à tous les musulmans de notre époque. Cela aidera, si Dieu le veut, tous les hommes à connaître largement les preuves de la création de notre Seigneur, ainsi qu'à faire progresser positivement la diffusion de la morale de la religion.

La caractéristique commune des savants musulmans est d'avoir travaillé à étudier ce que Dieu a créé et à présenter aux hommes Son pouvoir infini, Sa puissance et Sa science.
La caractéristique commune des savants musulmans est d'avoir travaillé à étudier ce que Dieu a créé et à présenter aux hommes Son pouvoir infini, Sa puissance et Sa science.